Aires Libres n°7 - dossier zones de rencontre (version texte sans mise en page)
Rendez-vous dans les zones de rencontre
Aménager une voirie, c’est immanquablement partager l’espace public
entre ses multiples usagers. A l’ère de la ville multimodale et durable,
que l’on soit piétons, cyclistes, motards, automobilistes, chauffeurs
de bus, livreurs..., chacun doit trouver sa place dans la cité. Les
différentes fonctions et activités urbaines devront également pouvoir se
poursuivre et se développer.
Afin de tout concilier de façon
équilibrée, de nouveaux concepts éclosent à travers l’Europe : cour
urbaine, zone de flânerie, zone à vitesse réduite, zone de circulation
apaisée, zone de rencontre, espace partagé...
Coup d’oeil dans le rétroviseur
Dans
bon nombre de pays, depuis l’avènement des véhicules à moteur, le
développement urbain s’est articulé automatiquement autour d’eux, au
détriment des cyclistes et des piétons, à mobilité réduite ou non. Pour
organiser la circulation, les différents usagers de la route ont été
séparés. Trottoirs surélevés, bordures, passages pour piétons, potelets,
marquage au sol... ont progressivement fait leur apparition pour être
aujourd’hui présents en surabondance. Plus question pour les passants et
les promeneurs de circuler et traverser où bon leur semble.
Les
distances à parcourir à pied ont ainsi parfois été allongées. Au final,
les caractéristiques et les besoins des personnes non motorisées en ont
été oubliés : trottoirs étroits ou encombrés, revêtement incommode,
traversées mal situées ou dangereuses...
Du reste, si ce principe de
ségrégation n’est pas sans effet sur la qualité de l’environnement
urbain, il a également un impact sur le comportement et la sécurité des
usagers de la route.
Dans un environnement où chacun est strictement
canalisé, traverser sur un passage pour piétons donne un sentiment de
sécurité. Cependant, des études(1) montrent que près d’un piéton
accidenté sur trois l’est sur un de ces passages... Si les
automobilistes ne respectent pas toujours ces zones, les piétons qui
s’engagent sans regarder et imposent leur priorité endossent également
une part de responsabilité.
Phrase en exergue : « S’occuper des
piétons, c’est gérer le quotidien, donc le banal, c’est s’intéresser à
ce qui se passe de manière inaperçue. Ce n’est ni glorieux, ni
spectaculaire. C’est discret, mais fondamental. » Marie-José
Wiedmer-Dozio, Chef du service urbanisme de la ville de Genève
Faites demi-tour dès que possible !
Peu
à peu, une nouvelle façon de concevoir l’espace public se développe.
Une répartition plus équitable est maintenant défendue. En 1988, le
Parlement européen approuve la charte européenne des droits du piéton.
L’article II souligne la nécessité d’un revirement dans la manière de
concevoir les espaces publics : « Le piéton a droit à vivre dans des
centres urbains ou des villages aménagés à la mesure de l’homme et non
de l’automobile et à disposer d’infrastructures facilement accessibles à
pied ou en vélo ».
Par ailleurs, il devient inacceptable de concevoir un espace public sans prendre en compte différents enjeux :
> les enjeux environnementaux : les aménagements réalisés doivent inciter à une mobilité durable(2);
>
les enjeux sociaux : la conception d’un espace public ne peut exclure
aucun des citoyens (enfants, personnes handicapées, personnes âgées,
citoyens non motorisés...) ;
> les enjeux économiques : l’activité commerciale doit être stimulée grâce aux travaux entrepris ;
>
les enjeux sanitaires : l’impact de l’inactivité physique et de la
pollution (sonore, aérienne…) sur la santé des citoyens ne peut plus
être ignoré ;
> les enjeux relatifs à la vie urbaine : l’espace
public doit être convivial, favoriser les échanges et augmenter le
sentiment de sécurité de ses usagers.
En marche vers de nouveaux espaces
Un
nouveau concept, déjà bien implanté en Hollande et en Suisse, émerge en
Belgique : la « zone de rencontre ». Dans cette configuration, le
piéton retrouve sa place et est à nouveau situé au centre de
l’attention. La priorité lui est octroyée et son confort est assuré au
mieux.
En Belgique, le concept de zone de rencontre est intégré en
2004 dans le Code de la route. Il s’agit d’une extension de la notion de
« zone résidentielle » qui existe depuis 1978. Alors que la zone
résidentielle est limitée aux quartiers dans lesquels l’habitat
prédomine, la zone de rencontre est créée dans des secteurs accueillant
des activités à caractère communautaire : écoles, commerces, tourisme,
artisanat... Ces deux types de zone sont signalées par le même panneau, à
savoir le F12a (début de zone) et F12b (fin de zone).
Une zone de
rencontre est un espace de plain-pied, à l’intérieur duquel les piétons
sont prioritaires sur les véhicules, motorisés ou non, et peuvent
circuler sur toute la largeur de la voie publique. Les trottoirs et les
passages pour piétons sont supprimés. Les jeux y sont également
autorisés. La seule restriction pour les piétons est de ne pas entraver
la circulation sans raison.
Pour garantir une cohabitation
harmonieuse des usagers et la sécurité des plus vulnérables, la vitesse
des véhicules est limitée à 20 km/h. Le Code de la rue(3) indique que «
Les conducteurs ne peuvent mettre en danger les piétons, ni les gêner.
Au besoin, ils doivent s’arrêter. Ils doivent en outre redoubler de
prudence en présence d’enfants. » Le stationnement est, quant à lui,
interdit sauf sur les emplacements prédéfinis par un marquage au sol et
une signalisation appropriée. Ce principe permet de réduire les
obstacles à la visibilité.
Dans ces zones de circulation apaisée, les
piétons retrouvent la liberté de leurs mouvements et peuvent se
déplacer de manière continue. Les automobilistes, pour leur part,
circulent à allure réduite mais de manière fluide.
Des atouts...
A priori déconcertantes, les zones de rencontre révèlent pourtant de multiples avantages.
Une meilleure répartition
Un
équilibre est établi entre les usagers et chacun trouve sa place dans
cet espace. La voirie n’est plus un endroit dévolu principalement à
l’auto mais d’abord aux piétons. Cette situation peut sembler logique
dans la mesure où les déplacements pédestres sont incontournables pour
tout citoyen. N’oublions pas que, parmi les piétons, on retrouve «
l’automobiliste qui a trouvé une place de parc(4) ».
(1.) Source : IBSR
(2.)
« On peut définir une politique de mobilité durable comme une politique
de transport qui cherche à concilier l’accessibilité, le progrès
économique et les objectifs écologiques dans un aspect durable. » In
Mobilité durable – Enjeux et pratiques en Europe – asbl Pour la
Solidarité – décembre 2009
(3.) D’importantes modifications ont été
apportées au Code de la route par l’Arrêté Royal du 4 avril 2003, plus
connu sous le nom « Code de la rue ». Un meilleur équilibre entre les
différents types d’usagers et une plus grande sécurité pour les usagers
doux sont les axes principaux des changements introduits. Cet arrêté est
entré en vigueur le 1er janvier 2004.
(4.) Définition du piéton selon Pierre Dac
Dans
cette organisation spatiale, les diverses embûches habituellement
rencontrées (passages pour piétons peu accessibles, potelets et panneaux
importuns, voitures garées...) sont pour la plupart abolies. Les
piétons peuvent emprunter le trajet le plus court pour aller d’un
endroit à l’autre. L’environnement, qui était devenu un facteur
provoquant le handicap, est maintenant pensé de manière à respecter et
intégrer tous les usagers, PMR compris.
La zone de rencontre induit
donc une autre relation entre les usagers. L’habituel rapport de force
est inversé. Cette fois, c’est la circulation de l’automobiliste qui est
maîtrisée pour que celui-ci se sente comme invité. Son attention est
fixée sur la fonction dominante de l’espace : le commerce, la vie
piétonne, le jeu... et non sur la circulation routière. D’une vision
lointaine, il passe à une vision large. Cela lui permet de s’insérer
dans la zone tout en tenant compte des usagers doux. Il perçoit mieux
les activités présentes en bord de chaussée et peut donc adapter sa
conduite.
La convivialité des rues englobées dans la zone de
rencontre s’en voit donc nettement améliorée et la vie de quartier est
redynamisée. Les piétons, en tant que « jardiniers de l’espace public »,
reprennent leur place.
Une plus grande sécurité
La zone de
rencontre préserve, voire améliore, la sécurité des piétons. Le principe
de prudence, imposé au plus fort vis-à-vis du plus vulnérable, permet
de garantir une meilleure sûreté (l’automobiliste doit veiller aux
cyclistes et piétons tandis que le cycliste fait attention aux
passants...).
La diminution de la vitesse maximale autorisée, et
pratiquée, est un élément indispensable de la réussite du dispositif.
Cet effet peut être obtenu, entre autres, en limitant au maximum la
signalisation. Pour endiguer cette sensation de désorientation, parfois
ressentie comme de l’insécurité, les usagers se montrent alors plus
prudents et attentifs. Ils communiquent davantage entre eux. Le manque
de signaux routiers (marquage au sol, panneaux et feux de
signalisation...) est instinctivement remplacé par les interactions
humaines. Cette communication verbale ou non verbale entre les
différents usagers de la route n’est, bien entendu, possible qu’à faible
vitesse... Le retrait de ces nombreux dispositifs améliore en outre la
visibilité et la clarté de la voirie.
Phrase en exergue : « La
ville n’existe que par les pas de ses habitants ou de ses voyageurs, qui
l’inventent en la vivifiant de leurs parcours, de leurs rencontres, de
leur fréquentation des boutiques, des lieux de culte, des
administrations, des halls de gare, des salles de spectacles, des cafés,
des lieux de loisirs. » David Le Breton, Éloge de la marche
Une qualité urbanistique accrue
Cette
nouvelle conception de l’espace public augmente indéniablement sa
qualité urbanistique : la vitesse réduite des véhicules diminue le bruit
; la disparition des signaux routiers rend l’espace plus agréable et
plus convivial ; le flux des véhicules reste correct même à faible
allure.
On y retrouve tous les avantages de la zone piétonne
(liberté de mouvement des piétons, vie de quartier, convivialité...)
sans exclure la circulation des voitures.
Dans une telle zone, les
différentes fonctions de la ville sont prises en compte et mieux
respectées. La zone de rencontre comble donc une lacune entre la zone
piétonne et la zone 30.
Le terme « rencontre » choisi pour qualifier
ces espaces exprime bien l’intention recherchée : la création d’un
espace partagé au sein duquel les conflits se gèrent par une relation de
convivialité au bénéfice de tous et non par un rapport de force.
Au
final, les besoins d’une partie des PMR sont particulièrement entendus
et intégrés. Les chaisards, parents avec poussette, personnes se
déplaçant avec un déambulateur, livreurs (bref, les personnes « à
roulettes ») profitent tout particulièrement de l’absence de
dénivellation et de la place disponible. Plus besoin de se faufiler
entre le mur et un poteau ni de franchir une bordure...
... et des obstacles !
Par
contre, la zone de rencontre peut produire un sentiment de malaise et
d’inquiétude pour les personnes déficientes sensorielles et les citoyens
plus âgés.
Une orientation problématique
Dans une zone de
rencontre, aucun changement de niveau, aucune dalle podotactile, aucune
modification majeure du revêtement n’apporte les informations
nécessaires aux citoyens malvoyants ou aveugles pour s’orienter.
Contrairement à la zone résidentielle dans laquelle il est possible de
suivre l’alignement des façades, la présence de terrasses, d’étalages,
de panneaux publicitaires... dans une zone de rencontre perturbe la
circulation. Une ligne guide artificielle doit donc être placée. Pour ne
pas entraver le cheminement des personnes en chaise, une bordure guide
est préconisée. Une étude suisse a déterminé que cette bordure ne peut
mesurer plus de 4 centimètres de hauteur et doit disposer d’un chanfrein
de 16 centimètres. La personne non-voyante profitera de ce repère pour
s’orienter dans la zone. Cela lui permettra également de ne pas entraver
involontairement la circulation et de ne pas se mettre en danger.
Délimitant
une zone spontanément moins fréquentée par les automobiliste, la
bordure guide peut également rassurer un certain nombre d’usagers tels
que les piétons déficients auditifs, les citoyens plus âgés et les
personnes ayant des difficultés de compréhension.
Une négociation visuelle indispensable
L’interaction
entre les usagers, la négociation visuelle et l’interprétation des
messages verbaux et non verbaux conditionnent le bon fonctionnement
d’une zone de rencontre. Quid des enfants, des personnes déficientes
visuelles, handicapées mentales ou simplement plus âgées ? Ces citoyens
ne disposent pas (ou plus) des aptitudes nécessaires pour décoder cette
dimension de la communication. En conséquence, négocier de manière non
verbale une traversée peut se révéler très difficile et insécurisant.
Il
ne s’agit donc pas juste de modifier quelques comportements mais de
changer des habitudes bien ancrées dans la culture de la population.
Cependant, le fonctionnement des zones de rencontre ne doit pas reposer
exclusivement sur les contacts visuels. Ces espaces doivent être
configurés de manière telle que l’automobiliste se sente invité et donne
naturellement la priorité aux piétons.
Des grands axes à suivre
Pour
mener à bien l’implantation d’une zone de rencontre, certaines
conditions doivent être réunies tant au moment de sa conception que
durant ses premiers mois d’utilisation.
La planification
Certains
lieux sont naturellement plus propices à l’aménagement d’une zone de
rencontre : centres-villes, places, endroits de marché, rues étroites,
sites touristiques... Cependant, une réflexion plus globale doit être
menée pour étudier les emplacements réellement intéressants, coordonner
les aménagements et articuler les différents sites entre eux par une
politique cohérente de mobilité et d’urbanisme.
Prévoir une (ou
plusieurs) zone de rencontre n’est pas suffisant. Il faut également
parvenir à l’inscrire dans le réseau routier de la commune. Les études
montrent que la question de la circulation apaisée d’une zone induit
généralement une réflexion sur l’ensemble du réseau urbain. En début de
projet, il est donc utile de réaliser une cartographie des déplacements
et des habitudes. Elle permettra de pointer les rues de transit qui
garderont la circulation comme fonction principale. Les activités
urbaines et sociales pourront être plus ou moins mises en valeur dans
les autres rues. Dans une zone de rencontre, ce sont les fonctions
directement liées aux usagers qui doivent primer : effectuer ses
courses, flâner dans la rue, boire un café en terrasse, rejoindre sa
maison ou son appartement, faire du lèche-vitrines, dîner avec ses
amis...
Par ailleurs, cette zone doit être connectée à un réseau de
trafic plus rapide de manière à conserver la qualité de son réseau lent
et l’usager doux doit pouvoir rejoindre des transports en commun ou sa
voiture assez rapidement.
Le succès d’une zone de circulation
apaisée reposant fortement sur son acceptation par tous, une
concertation doit être organisée avec tous les acteurs : services
communaux concernés (travaux, urbanisme...), échevins, commerçants,
riverains, professionnels en aménagement du territoire, usagers... Leurs
demandes seront ainsi entendues et considérées, leurs craintes seront
apaisées. Outre son aspect pédagogique, cette consultation est imposée
par la circulaire ministérielle du 23 juin 1978 relative aux zones
résidentielles.
Encart : Des transports en commun actuellement interdits
En
Belgique, les transports en commun ne peuvent pas circuler dans les
zones de rencontre. Or, ces espaces sont souvent déployés là où le
commerce et l’horeca sont présents de manière dense. Afin d’inciter les
citoyens à délaisser leurs autos pour se rendre dans ces centres, il
conviendra de modifier notre législation. La Suisse et la France
l’autorisent déjà et n’ont jusqu’à présent observé aucun problème. Une
demande de modification du Code de la route a été introduite au Service
Public Fédéral Mobilité. A ce jour, la question n’a pas encore obtenu de
réponse. Tant que la situation restera inchangée, il est certain que
les communes préfèreront implanter des zones 30 sur leur territoire
plutôt que des zones de rencontre...
Les aménagements nécessaires
Dans
et autour d’une zone de rencontre, l’aménagement doit particulièrement
être réfléchi afin de créer l’effet souhaité. Trois aspects doivent être
approfondis : le mobilier urbain, les connexions piétonnes et les
parkings.
> Le mobilier urbain
Partant du principe que la
désorientation favorise la sécurité(5), la zone de rencontre nettoie
l’environnement d’une grande partie de la signalisation. L’attention de
l’usager n’est plus captée par une multitude de panneaux. Sa vigilance
se concentre alors sur ses conditions de circulation et sur ce qui se
passe autour de lui.
Pour accentuer encore la visibilité de tous,
diverses démarches doivent être cumulées : la suppression des panneaux
de signalisation, la limitation des places de stationnement, la pose
d’un éclairage choisi judicieusement, etc.
Dans la zone de rencontre,
la disposition des équipements doit marquer la rupture avec les voiries
habituelles : pas de couloir de circulation matérialisé pour les autos
ni de trottoir pour les piétons, présence de végétation et de mobilier
urbain brisant l’aspect rectiligne de l’espace routier, stationnement
limité...
De même, pour mettre en évidence le changement de logique,
les entrées et sorties doivent pouvoir être reconnues comme telles.
Outre les panneaux réglementaires à apposer, des aménagements
spécifiques doivent être prévus pour créer un effet de porte. Soit on
tirera profit de la configuration existante pour accentuer la
crédibilité de l’espace de circulation apaisée, soit on aura recours à
du mobilier urbain, de la végétation... placés judicieusement.
Il
est également intéressant de parsemer l’espace de bancs ou de sièges
incitant le public à se reposer, à prendre le temps et à ne pas
considérer la rue comme une simple zone de passage.
(5.) Voir le point de ce dossier traitant des avantages d’une zone de rencontre (page 10)
> Des connexions piétonnes depuis et vers la zone de rencontre
Des
liaisons pédestres de bonne qualité favorisent la reconquête de
l’espace par les piétons. Elles seront réalisées entre les différents
espaces de circulation apaisée (zones 30, piétonnes et/ou de rencontre).
Les aménageurs veilleront à imaginer des trajets directs et délivrés de
la circulation automobile.
> Le stationnement
Pour
limiter la circulation routière dans le site et inciter les piétons à
reconquérir les lieux, le stationnement doit être limité au strict
nécessaire, voire dédié uniquement aux personnes handicapées. Il
conviendra, alors, de prévoir un nombre suffisant de places de parking
aux abords de la zone afin de ne pas contraindre les usagers à de trop
longs trajets à pied.
La mise en place
Une fois l’espace
aménagé et opérationnel, il importe de s’assurer de son bon
fonctionnement et du respect des nouvelles règles (la modération de la
vitesse et la priorité accordée aux piétons essentiellement).
Différentes étapes doivent se succéder.
> une période d’information
Une
campagne d’information et de sensibilisation doit être effectuée à
large échelle : affiches dans la rue, distribution de tracts et d’un
toute-boîte, publicité radiophonique et télévisuelle, réunions de
quartier... L’intérêt de cette démarche est non seulement d’informer les
usagers des nouvelles règles à respecter mais aussi de leur faire
comprendre la portée et les raisons de ces mesures : diminution de la
distance de freinage, réduction du nombre d’accidents et de leur
gravité, perte de temps dérisoire....
> une phase de contrôle
Une
surveillance doit être organisée. Il s’agit d’abord de vérifier la
vitesse des automobilistes. En cas d’allure trop élevée, il convient
d’alerter le conducteur. Différents systèmes peuvent être recommandés :
présence de policiers, contrôle automatique avec affichage en temps réel
de la vitesse, radars préventifs...
Ensuite, après avoir laissé un
délai d’adaptation, des sanctions seront appliquées (procès-verbaux
dressés par la police ou pose d’un radar fonctionnel).
> un temps d’évaluation
Il
est important que les effets obtenus soient observés dans le temps pour
constater les évolutions et les problèmes présents quelques mois après
la création de la zone de rencontre(6). En Suisse, un des pays
précurseur en la matière, une évaluation est imposée par la
réglementation après un an de mise en service de la zone de rencontre.
Des modifications peuvent ensuite être apportées pour améliorer l’espace
et mieux répondre aux besoins.
Enfin, des diagnostics réguliers
valent la peine d’être menés pour s’assurer que les aménagements
correspondent toujours bien aux usages et, le cas échéant, effectuer
quelques changements.
(6.) Pour cela, un état des lieux doit donc avoir été réalisé au moment de l’étude du projet !
A la conquête de l’espace... partagé !
Dans
les zones de rencontre, conçues et aménagées telles que décrites dans
ce dossier, les piétons, PMR ou non, retrouvent réellement une place
centrale et circulent en plus grand nombre. La vie urbaine est
favorisée, le nombre d’accidents diminue et le bruit est drastiquement
réduit. La vie de quartier s’en trouve privilégiée et l’espace public
est alors utilisé de manière commune et communautaire.
Cependant, ce
concept étant à ce jour relativement jeune, des études, observations et
expérimentations sont encore menées. Des réponses doivent être
apportées pour résoudre certains obstacles, particulièrement les
problèmes de repérage et d’orientation pour les personnes déficientes
visuelles. Il s’agit maintenant d’être créatif et innovant pour faire en
sorte que les zones de rencontre deviennent « all PMR included » !
Anne-Sophie Marchal et Marie-Ange Vandecandelaere
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